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Études de marché : les bases

Les droits des participant·es aux études : l’essentiel à connaître pour les professionnel·les des études sociales et de marché

Research Participant Rights 101 | Voxco

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Les lignes directrices et standards en matière d’études mettent souvent l’accent sur les bonnes pratiques méthodologiques que les professionnel·les des études sociales et de marché doivent appliquer. Si cet aspect est fondamental, il est tout aussi important d’envisager les études du point de vue des personnes qui prennent volontairement du temps pour partager leurs opinions et leurs expériences.

Voici 7 droits fondamentaux des participant·es que toute étude devrait respecter.

Le consentement

On parle souvent de « consentement éclairé », mais en réalité, le consentement suppose nécessairement que la personne soit pleinement informée. Le consentement est une exigence globale.

Les participant·es ont le droit d’être informé·es notamment sur :

  • Le thème général et l’objectif de l’étude. Des exceptions existent lorsque cette information pourrait biaiser les résultats. Dans ce cas, le thème et l’objectif peuvent être communiqués après la fin de l’étude.

  • L’organisation qui mène l’étude et le nom d’une personne de contact capable de répondre à leurs questions

  • L’utilisation qui sera faite de leurs données

  • L’existence éventuelle d’enregistrements audio ou vidéo

  • Le temps requis pour participer

  • Les incitations ou compensations proposées

  • Les risques et les bénéfices liés à leur participation

Ce que cela implique pour les professionnel·les des études

Au-delà de fournir un maximum d’informations dans les invitations à participer, il est essentiel de désigner une personne de contact unique, facilement joignable, capable de répondre aux questions des participant·es potentiels ou actuels. Les participant·es ne devraient pas avoir à multiplier les emails ou à naviguer entre plusieurs liens pour obtenir une réponse. Il incombe à l’organisme d’études de garantir un accès simple et rapide à cette personne.

Participation volontaire et droit de retrait

Les participant·es ont le droit de se retirer d’une étude à tout moment, sans justification et sans conséquence négative. Cela inclut le fait de ne pas répondre à certaines parties ou d’interrompre complètement leur participation.

Ce que cela implique pour les professionnel·les des études

Il est possible de confirmer qu’un·e participant·e souhaite passer une section ou quitter l’étude, mais il est interdit d’exercer une pression ou une forme de contrainte pour l’inciter à continuer.
Dans des contextes collectifs, comme les groupes de discussion, ces situations peuvent être délicates, mais il appartient au ou à la professionnel·le des études de veiller à ce que le départ se fasse avec respect et bienveillance.

Confidentialité et protection de la vie privée

Les participant·es ont le droit de contrôler leurs informations personnelles. Cela inclut le choix de savoir si, et avec qui, leurs données peuvent être partagées, ainsi que le droit de demander leur suppression à tout moment. Ils et elles ont également le droit d’accéder facilement à la politique de confidentialité du prestataire d’études, dans des délais raisonnables.

Ce que cela implique pour les professionnel·les des études

Il est essentiel que la politique de confidentialité soit facilement accessible sur le site web de l’organisation (voici la nôtre) et qu’elle puisse être partagée simplement via un lien dans les invitations par email ou les messages de suivi. Par ailleurs, les organismes d’études doivent disposer d’un processus formalisé permettant de supprimer rapidement les informations d’un·e participant·e sur simple demande.

Anonymisation

Sauf consentement explicite, les participant·es ont le droit à une anonymisation complète de leurs données.

Ce que cela implique pour les professionnel·les des études

Lors du partage de verbatims dans les rapports, les éléments permettant d’identifier une personne doivent être modifiés. Par exemple, un prénom peut être changé, un âge légèrement ajusté, ou certains détails contextuels modifiés. Le style d’expression et le sens doivent être conservés, sans rendre l’identification possible. L’objectif est de préserver les idées, les points de vue et les nuances, pas de permettre la reconnaissance d’une personne identifiable.

Sécurité

La sécurité ne se limite pas aux risques physiques, comme lors de tests de produits. Les participant·es ont également le droit d’être informé·es des risques psychologiques ou émotionnels potentiels, notamment lorsque des sujets sensibles sont abordés, tels que le revenu, l’emploi, la santé, la sexualité, le handicap, la religion ou la famille.

Ce que cela implique pour les professionnel·les des études

Dans les études impliquant des interactions directes, comme les entretiens individuels, les groupes de discussion ou les entretiens téléphoniques, il est essentiel de prendre des précautions pour éviter toute situation de malaise, de jugement ou de stigmatisation. Les participant·es doivent être informé·es dès le début si certains sujets ou questions peuvent être perçus comme sensibles.

Respect

Chaque participant·e, indépendamment de son âge, de son genre, de son orientation sexuelle, de son handicap, de sa religion ou de son origine, a droit à un traitement respectueux à toutes les étapes de l’étude.

Ce que cela implique pour les professionnel·les des études

Le respect ne se limite pas au langage employé. Il implique notamment :

  • Poser uniquement des questions qui seront réellement analysées

  • Être transparent sur la durée réelle de la participation

  • Limiter la longueur des questionnaires de sélection

  • Utiliser des logiques de filtrage avancées pour alléger les questionnaires

  • Veiller à ce que les outils de collecte soient inclusifs et accessibles

L’objectif est d’éviter les frustrations inutiles et de proposer une expérience de participation fluide et respectueuse.

Uniquement des études

Les participant·es ont le droit de ne pas être exposé·es à des pratiques trompeuses, telles que le mugging (marketing déguisé en étude), le sugging (vente déguisée) ou le frugging (collecte de fonds déguisée).

Ce que cela implique pour les professionnel·les des études

Si vous ne menez pas une étude authentique, il ne faut pas laisser croire le contraire. Cela inclut l’interdiction d’utiliser des données personnelles à des fins de marketing direct, de constitution de fichiers ou pour toute activité non liée à l’étude et pour laquelle aucun consentement n’a été donné. Si l’objectif est de proposer des offres commerciales, un échantillon d’études n’est pas approprié. Il faut utiliser des listes marketing dédiées. Le détournement des échantillons nuit à la crédibilité de l’ensemble du secteur des études sociales et de marché.

En résumé

Bien que nous ayons identifié sept droits fondamentaux des participant·es, ils peuvent être résumés en un seul principe central : le droit au respect. Le respect implique la transparence, la protection de la vie privée, l’anonymisation, l’honnêteté et l’écoute des besoins des participant·es. En plaçant leurs droits au cœur des pratiques, les professionnel·les des études ne se contentent pas de respecter des obligations éthiques et légales. Ils favorisent également une participation plus engagée, des insights plus fiables et un succès durable. Si vous souhaitez en savoir plus sur nos standards de bonnes pratiques en matière d’études, n’hésitez pas à contacter l’un·e de nos expert·es en enquêtes.